Valérie CONSTANTIN - Femme Aquarelle sur Ingres
Je vous signale un excellent édito de mon point de vue sur la féminité et la créativité où est cité en exemple la poétesse Marina Tsvétaeva.
Féminité et créativité : créer ou ne pas être par Daniela HUREZANU
Dans l’imaginaire occidental, le pouvoir de créer a une histoire ambivalente : d’un côté, il est associé à la Genèse, étant par conséquent une qualité de l’homme, lui seul Créateur ; de l’autre côté, il est lié à la germination et à l’enfantement, étant donc inséparable du féminin. Cette ambivalence est amplifiée par d’autres images qu’on associe avec la création, telle la plume, image de l’instrument ou de la technique qui englobe des connotations de la masculinité.
Cette vision de la création comme force masculine peut se retrouver chez beaucoup d’écrivains (hommes) pour lesquels créer veut dire agir, transformer, bref, une vision où la création est du côté de l’actif. Rien d’étonnant à cela, car on le sait, selon les dichotomies usuelles, masculin=actif, féminin=passif. Il y a cependant des écrivains-peut-être moins nombreux que les premiers, mais au moins aussi importants-qui voient le pouvoir de créer du côté de la passivité et donc du féminin. La dictée automatique des surréalistes est en quelque sorte une réaction contre une vision « masculine » de la littérature (et de l’art en général)-expression d’une force qui agit et contrôle, triomphe de la raison solaire contre la nuit de l’irrationnel.
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